8 étapes pour rendre votre enfant autonome

On a tous en tête l’exemple de cet enfant qui sollicite constamment notre attention.

" Regarde comme je fais… "

" Tu peux m’aider à faire ça ? "

" Je n’y arrive pas… »

" Je ne comprends pas…"

Et de l’autre côté, on a cet enfant qui semble savoir tout faire par lui-même. Il prend des initiatives, sait jouer seul (signe que son imagination est très développée) et lorsqu’il se trouve face à une difficulté, il teste différentes stratégies jusqu’à trouver la solution qui lui convient.

Le maître mot qui sépare ces deux enfants est: L’AUTONOMIE!

Bien évidemment, ces deux exemples sont présentés de manière un peu caricaturale et chaque enfant peut se retrouver dans l’un ou l’autre de ces cas de figure, selon les domaines où il se sent à l’aise.

Toutefois, on connait tous 2 enfants du même âge dont l’un est très autonome et l’autre beaucoup moins.

Qu’est-ce qui dans l’éducation différencie ces deux enfants ? Est-ce dû au caractère de l’enfant ? Comment rendre concrètement et simplement mon enfant plus autonome ?

Petit tour d’horizon de la question:

Pourquoi un enfant est-il plus autonome qu’un autre ?

Qu’on se le dise, l’autonomie n’est pas innée! Il est possible pour tout enfant de faire de plus en plus de choses par soi-même si tant est que son environnement le lui permette.

Pourtant, j’ai vu des enfants d’une même fratrie, dont l’un était incapable de faire quoi que ce soit seul, alors que l’autre était d’une maturité et d’une indépendance rare au même âge. Et je précise que parmi tous les cas que j’ai rencontrés, se trouvaient des fratries où les deux étaient du même sexe.

C’est une précision importante quand on observe la maturité plus avancée des filles par rapport aux garçons à âge égal. J’ai pu le constater de nombreuses fois au cours de mon expérience professionnelle.

Alors pourquoi un enfant est-il plus autonome que son frère/sa sœur au même âge ? À chaque fois que j’ai eu l'occasion d’observer ce cas de figure, j’ai toujours fait le même constat. Avec l’enfant peu-autonome, les parents (ou un des 2 parents) présentent systématiquement les 2 mêmes comportements:

- Angoisse
- Surprotection

Que se passe-t-il dans ce cas ? Pour diverses raisons, on pense que cet enfant est trop fragile et qu’il a besoin qu’on fasse les choses à sa place. Et parce que le temps nous est compté dans la journée, on va aider le moins autonome des deux à aller plus vite et laisser l’autre se débrouiller pour être prêts au même moment.

Sauf que cette stratégie est contre-productive puisqu’elle creuse encore plus l’écart d’autonomie qui sépare ces deux enfants. Autre effet pervers, le moins autonome des deux risque de trouver cette situation très confortable sur le court terme et son désir d’autonomie va s’amoindrir sur le moyen terme, ce qui va totalement le desservir à long terme puisqu’il deviendra peu à peu un être dépendant.

Soyons honnêtes, ça n’est pas ce que nous désirons pour nos enfants. Chaque parent veut que son enfant devienne un adulte indépendant et équilibré. Il faut donc lui donner les moyens d’expérimenter, de se tromper, de recommencer encore et encore pour qu’il se s’approprie un répertoire d’expériences sur lequel il va se construire et grandir.

Il s’agit donc de revoir ses exigences à la hausse à propos de ce qu’on attend de son enfant. Car les parents qui demandent plus à leurs enfants (dans la limite du réalisable évidemment) leur donnent les clefs d’une autonomie considérable. Celle-ci va leur donner des avantages certains qui leur serviront et qu’ils développeront tout au long de leur vie (eh oui, de même que l’on peut être toujours plus cultivé, on peut également devenir toujours plus autonome).

Ces avantages s’inscrivent dans un cercle vertueux puisque de votre côté vous allez en tirer un énorme soulagement. Ainsi, en appliquant avec votre enfant les 8 conseils que je vais vous donner par la suite, vous allez:

- le rendre plus mature
- le rendre plus responsable
- le préparer à la vie d’adulte
- le rassurer
- renforcer son estime
- le rendre plus objectif sur ses capacités réelles
- vous soulager de certaines petites tâches
- vous rassurer quant à sa capacité à affronter la vie.

C’est tentant hein ? Alors, voyons tout de suite comment faire concrètement!

Les 8 situations concrètes pour rendre son enfant plus autonome:

1/ Se préparer tout seul

Se brosser les dents:
Une petite brosse à dents sympathique et un dentifrice avec un goût agréable devraient déjà lui donner envie. Si vous disposez de suffisamment de place, vous pouvez poser un petit meuble bas avec une petite bassine et un miroir pour qu’il ait son propre évier. Sinon, un marchepied pour qu’il atteigne le lavabo fera l’affaire.

Se laver:
Voilà une étape assez compliquée pour certains. Et parfois jusqu’à tard. Expliquez-lui combien l’hygiène est importante pour sa santé et ses relations avec les autres et combien vous préférez lui faire des câlins lorsqu’il est propre. Petite astuce pour être bien sûr qu’il s’est savonné le corps, dessinez-lui quelques petits dessins sur la peau avec un feutre. S’il s’est correctement savonné, les dessins devraient avoir disparu en sortant de la douche.

Aller aux toilettes…
…ou au pot pour les plus petits. Pour ces derniers, une petite astuce consiste à attendre l’été pour lui laisser les fesses à l’air le plus possible. Lorsque vous lui remettrez sa couche et qu’il l’aura sali, la sensation désagréable lui donnera plus envie de retourner au pot. Pour les plus grands, montrez-leur une bonne fois pour toutes comment s’essuyer et refusez de venir lorsqu’ils crient “ayééééééé”! N’oubliez pas de leur montrer comment on se sert d’une brosse.

Choisir ses vêtements:
Dans l’idéal, il faudrait qu’il ait une petite armoire avec de nombreux rangements auxquels il puisse accéder. Il est bien normal qu’il prenne du temps au début, c’est pourquoi vous devez le laisser faire seul les week-ends et pendants les vacances, c’est-à-dire tous les jours où vous n’êtes pas pressés par le temps.

Faire ses lacets
Technique de la double boucle ou de la simple boucle, faites plusieurs fois avec lui jusqu’à ce qu’il réussisse. En général, c’est un apprentissage rapide et ludique.

2/ Ranger ses jouets

- Le lieu des jouets est la chambre. Et non, le salon qui est l’espace de vie commune que vous devriez encore pouvoir traverser sans risquer une luxation de la cheville.

- Des bacs à jouets bien grands. Et surtout, plus de rangement que d’objets. C’est une règle d’or qui ne leur donnera aucune excuse pour ne pas ranger.

- On ne fera rien d’autre tant que les jouets ne sont pas rangés. Ne cédez pas! À force, cela deviendra un automatisme

3/ Enrichir son vocabulaire

Leur lire des histoires, les faire lire, sortir, leur expliquer et nommer ce qui les entoure…tout est bon à prendre pour nourrir leur cerveau avide d’informations.

4/ Exprimer sa créativité

Dessins, peintures, musique, sport…les activités ne manquent pas. Attention toutefois à l’idée reçue qui veut que plus il expérimente de choses et plus il en sera enrichi.

C’est faux! Il est préférable de préciser que c’est l’implication et concentration dans les activités qui est importante, plus que la diversité des activités surtout si celles-ci sont survolées et ne l’intéressent que quelques minutes.

Internet et les écrans en général sont les exemples type de cette dérive ou tout est accessible tout de suite, mais où l’attention ne se focalise pas. Or, les études qui prouvent que ces activités provoquent des désastres sur le développement cognitif des jeunes cerveaux ne manquent pas.

5/ Participer à certaines tâches ménagères

En voici quelques une accessibles, même au plus jeunes:

  • Mettre la table
  • Débarrasser la table
  • Mettre ses vêtements au sale
  • Ranger son linge
  • Couper des aliments…

6/ Faire son sac et ses devoirs tout seul (milieu/fin élémentaire)

S’assurer d’abord qu’il prenne bien ses affaires de cours du lendemain sans rien oublier. Si votre enfant dispose d’un bureau, je vous conseille d’accrocher son emploi du temps en grand (format A4 ou A3) sur le mur d’en face ou bien sur le bureau lui même (dans ce cas là, pensez à le plastifier).

Autre astuce, vous pouvez coller dessus des gommettes de couleur correspondant aux couleurs des cahiers. Il saura alors plus facilement quels cahiers prendre pour quel jour.


Pour les devoirs, la première des choses est de s’assurer qu’il les note déjà. Pour cela renseignez-vous auprès du maître ou de la maîtresse. Vous pouvez également suggérer à ces derniers, l’excellente application Klassroom qui permet de manière très simple au professeurs des écoles de mettre en ligne les devoirs et tout un tas d’autres choses et ce gratuitement. Pour les collégiens et lycéens il faudra passer par la plateforme Pronote, disponible depuis l’ENT (Espace Numérique de Travail) de votre département qui vous sera accessible grâce à un identifiant et un mot de passe fournis par l’établissement.

7/ Organiser ses fêtes (anniversaires, soirées pyjama, boum…)

Commencez par lui faire écrire la liste des invités. Faites avec lui des cartons d’invitation simples et demandez-lui de les distribuer à l’école. Demandez-lui d’accueillir ses amis et de les raccompagner lorsqu’ils partent ainsi que de leur demander s’ils n’ont besoin de rien.

8/ S’occuper d’un animal (eau, nourriture, litière, promenades…)

Par ordre d’investissement en temps, en entretien et en nourriture, nous avons:

  • Le poisson rouge
  • La tortue
  • Les lézards
  • Les petits rongeurs
  • Le cochon d’inde
  • Le lapin
  • Le chat (si personne n’est allergique)
  • Le chien (je conseille fortement d’avoir un jardin pour le meilleur ami de l’Homme).

Conclusion:

Ainsi, en développant son autonomie, vous le rendez libre. Il fait l’expérience de réaliser des actions seul et de réussir. Son estime (la vraie) en sort grandie et il se sent peu à peu capable de réaliser des choses plus importantes. C’est fondamental pour se sentir heureux!

Evidemment, chaque parent a pour préoccupation le bonheur et l’épanouissement de son enfant. Il aime à penser qu’une fois adulte, il sera une personne accomplie, responsable et sûre d’elle. C’est en effet la mission qu’on devrait de donner vis-à-vis de ces êtres en construction.

Car au final, au-delà de la satisfaction de voir sa progéniture devenir un individu équilibré et sain, c’est le Monde entier que vous transformez. Plus le monde comptera de personnes bien dans leur peau et mieux il s’en portera. Alors mettez-les autant que possible en situation d’autonomie!

En attendant, soyez confiants, soyez conscients!